• Chi, une vie de Chat

    Particulièrement curieuse, une toute jeune chatte déambule loin de sa mère et se perd, avant d'être trouvée et recueillie par un petit garçon nommé Yohei et ses parents ; mais l'immeuble d'habitation de ces derniers n'accepte pas les animaux et ils s'appliquent à lui trouver un autre foyer accueillant.

    Quoi de plus logique quand on a une mère Otaku que de vouloir faire comme elle et lire des mangas à son tour ? Il est par contre moins évident de trouver ce qui convient à une petite fille de sept ans qui a à peine fini son apprentissage de la lecture : certains titres ont une histoire et des propos trop compliqués, d'autres ont des dialogues trop longs ou des séquences trop abstraites... d'autres enfin ne sont tout simplement pas de son âge ! La couverture du manga Chi, une vie de Chat s'est à première vue présentée épurée et colorée, très proche de sa version originale japonaise, et en l'ouvrant, ma mère a tout simplement pu constater qu'elle représentait parfaitement le fond optimiste et drôle des aventures de ce chaton perdu qui apprend à vivre avec une famille en appartement ; les situations et les dialogues sont minimalistes - surtout les répliques traduites de Chi dont on peut donc cerner le point de vue - et ne posent aucun souci à un jeune amateur encore en cours d'apprentissage de la lecture de la langue française.

    Il s'agit tout d'abord d'apprendre à la jeune chatte recueillie par la famille Yamada à vivre en appartement, et notamment à faire ses besoins à un endroit destiné à cet effet ; or, Yohei fait également l'apprentissage de la propreté. Une fois cela assimilé par les deux petits, la complicité entre ceux-ci est établie et un nom trouvé pour l'animal : Chi signifie en japonais "pipi". Mais il reste le contexte de l'appartement où réside la famille adoptive du chaton, dans lequel les animaux sont interdits sous peine d'expulsion des propriétaires. Les parents de Yohei qui cherche activement un autre foyer pour Chi se heurtent à des refus et veillent prudemment à ne pas trahir la présence de Chi à la gardienne de l'immeuble ; mais au fil du temps, cette dernière trouve sa place au sein de la famille et découvre l'amitié, les balles rebondissantes, le vétérinaire, la chasse aux oiseaux, la maladie, le thon rouge... avec une énergie et une naïveté qui manquent justement de discrétion et qui la place souvent dans des situations suscitant l'humour et la tendresse.

      

    Chi, une vie de Chat est initialement un manga prépublié dès Novembre 2004 dans le magazine hebdomadaire Morning de l'éditeur japonais Kodansha, avant d'être édité en onze tomes reliés au 23 Avril 2014 ; une histoire courte nommée Chi, c'est mon Prénom a également été publiée en Juillet 2008. La popularité de Chi a été telle que le personnage a été décliné en de nombreux produits dérivés - notamment lors d'évènements promotionnels pour des marques diverses jusqu'en Chine - et que ses aventures ont été adaptées en série animée comptant deux saisons de 104 épisodes de trois minutes chacune diffusée sur les chaînes télévisuelles nippones de Mars 2008 à Septembre 2009, en plus d'un OAV de treize minutes sorti le 22 Mars 2011... Dès le 1er Septembre prochain, la série dont les droits ont été acquis par le groupe Canal+ sera diffusée sur la chaîne française Piwi+ en 48 épisodes combinés de onze minutes au total tous les jours à 07h45 et à 17h45.

     Avis personnel : Comme d'autres animaux attachants qui ont trouvé leur place au sein d'une famille aimante, Chi le chaton se révèle un premier manga idéal pour les jeunes lecteurs français, imprimé pour eux dans le sens de lecture occidental par les éditions Glénat. La série animée est aussi bien à leur portée et leur délivre de même des leçons existentielles - notamment sur l'amitié, l'apprentissage et le partage - , tout en n'oubliant pas le point de vue de l'animal, de la tendresse qu'il inspire aux soins dont il a besoin, en passant pas les contraintes et la responsabilité dont doivent s'acquitter ses propriétaires.

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  • Les Filles au Chocolat - Coeur Guimauve

    Skye est la plus jeune des jumelles de Charlotte Tanberry. Elle est néanmoins différente de sa soeur Summer et se dévalorise par rapport à cette dernière, à qui tout réussit. La découverte de la malle d'une ancêtre va attiser sa curiosité jusqu'à exacerber sa personnalité et sa sensibilité, alors que les frontières entre songes, souhaits et réalité deviennent floues.

    La série Les Filles au Chocolat de Cathy Cassidy se poursuit par ce second tome avec la romantique Skye, âgée de 14 ans et l'une des cadettes jumelles nées du premier mariage de Charlotte Tanberry. L'adolescente adore l'Histoire en cours à l'école, lit divers ouvrages sur le sujet et envisage même son avenir professionnel dans ce domaine. Sa personnalité candide et rêveuse lui fait d'ailleurs préférer la mode vestimentaire des années 1920 dont elle acquiert régulièrement pour sa propre garde-robe des vêtements typiques - dont son chapeau-cloche et ses larges jupons - dans des friperies en ville ou sur les brocantes, au grand dam de sa meilleure amie Millie et de sa soeur Summer. En effet, la rentrée scolaire au collège s'est accompagnée pour la plupart des camarades de classe de Skye d'une toute nouvelle tendance à s'intéresser et à vouloir plaire aux représentants du sexe opposé ; loin de se sentir concernée par cet aspect de la puberté, la jeune fille regarde avec perplexité ses amis se maquiller, changer brusquement de style vestimentaire, développer des raisonnements comme des gestes maladroits qui ne leur ressemblent pas... Alors que le quotidien évolue encore depuis l'arrivée de Paddy et de Cherry Costello à Tanglewood House, Skye perçoit davantage la popularité et le talent de Summer par l'attrait que portent soudain Millie à celle-ci, en parallèle de sa propre banalité et de son infériorité qu'elle trahit en acquiesçant à tout ce que sa soeur exprime pour elles deux sans lui demander son avis.

    La façon d'écrire de Cathy Cassidy reste la même que celle du premier tome : le personnage principal s'exprime à la première personne et livre ses pensées au fil de l'intrigue, sans parti pris ni jugement ressenti de la part de l'auteure. Il s'agit cette fois pour la plus jeune des jumelles Tanberry d'affirmer, non pas sa personnalité imaginative et ses goûts vintage qu'elle ne changerait pour rien au monde, mais sa propre importance au sein de la famille et parmi ses camarades de classe, d'autant qu'elle s'est toujours placée dans l'ombre de sa jumelle depuis leur petite enfance. Alors que son amie Millie la délaisse en feignant l'indifférence et que Tommy Anderson lui confie son attirance pour Summer, Skye récupère les affaires d'une ancêtre de la famille, Clara Travers qui se serait suicidée étant jeune et en les portant, fait des rêves mélancoliques qui semblent être des souvenirs du premier amour de cette dernière ; la curiosité se mue en obsession, puis en désir d'échapper à la réalité et à son sentiment d'insécurité.

    Une forte fièvre due à une grippe ira jusqu'à lui faire voir le jeune gitan de ses songes dont elle pense s'être éprise parmi ses amis invités lors de la fête d'anniversaire organisée pour Summer et elle. Les anciennes lettres retrouvées de Clara Travers et une discussion avec Mrs Lee, la postière de Kitnor aux origines gitanes, vont établir le fait que la jeune fille ne s'était pas suicidée, mais avait fui avec son amoureux pour concevoir la branche familiale Cooper dont descend Mrs Lee et qui fait d'elle une cousine éloignée des Tanberry. Rétablie de sa maladie, Skye se réconcilie finalement avec Millie et met les choses au point avec Summer. Les rêves n'accompagnent plus le port des affaires de son ancêtre, mais l'adolescente sait désormais tenir une place certaine et pour elle-même dans le coeur de ses proches.

     Avis personnel : En fait, ce sera dans quelques années, puisque ce roman s'adresse aux adolescents et je suis encore un peu jeune... mais ma mère qui l'a évalué me laissera sans problème y accéder. La famille Tanberry engage sa recomposition et les cinq jeunes filles y réagissent à leurs manières avec plus ou moins de facilité, d'autant que les aléas de la puberté s'en mêlent en ce qui concerne les jumelles. Une petite touche de paranormal exacerbe la sensibilité de Skye pour finalement disparaître comme un songe léger ou une mélancolie éphémère, et la retourner à la réalité et au cours inexorable des choses qui se poursuit sans répit, évoluant malgré tout au fil des espoirs, des désillusions et des rencontres.

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  • Les Filles au Chocolat - Coeur Cerise

    Cherry Costello, 13 ans, vit dans un modeste appartement à Glascow avec son père. Orpheline de mère, peu sûre d'elle et sans ami, elle espère une situation autre lorsque son père les fait rejoindre le village côtier de Kitnor et son nouvel amour Charlotte Tanberry, qui compte elle-même quatre filles.

    La série Les Filles au Chocolat de Cathy Cassidy commence par ce premier tome avec Cherry, dont le père veuf entame une relation amoureuse avec une ancienne camarade de lycée retrouvée sur Internet, les faisant quitter école et emploi dans la mégalopole écossaise pour s'installer dans la demeure Tanglewood House auprès de Charlotte, divorcée et mère de Honey, Summer, Skye et Coco. L'adolescente au physique asiatique suscite depuis son plus jeune âge l'exaspération des adultes et les moqueries de ses camarades d'école par sa tendance à fantasmer la réalité et à décliner toute explication de façon fantaisiste. Ces mensonges récurrents, bien que sans mauvaises intentions, lui valent d'être mise à l'écart, ignorée et moquée, notamment par les filles populaires et hautaines telles Kirsty McRae à laquelle elle est confrontée dans le premier chapitre de Coeur Cerise, exposant la personnalité et les sentiments les plus pathétiques de Cherry lorsqu'elle se trouve encore à Glascow, seule avec son père, avant son arrivée à Tanglewood House où elle espère fébrilement que tout sera différent et positif... mais l'aînée des filles de Charlotte, Honey, lui exprime dès leur rencontre son hostilité.

    Cathy Cassidy fait s'exprimer le personnage principal à la première personne, s'appuyant sur les introspections et les impressions subjectives de ce dernier sans parti pris, ni jugement ressenti de sa part. N'obtenant pas de réponses à ses interrogations à propos de sa mère auprès de son père trop malheureux pour lui en parler, Cherry s'invente des souvenirs symboliques chargés d'émotions et honteuse de son existence monotone, des circonstances glorieuses ou fantaisistes. L'adolescente a conscience de son défaut, de cette propension presque instinctive à agrémenter faussement tout ce qui la concerne et la met dans une position désavantageuse par rapport à son interlocuteur ; ce qui était sa façon étant enfant de combler le vide laissé par l'absence d'un parent dans l'appartement souvent vide de Glascow comme auprès de ses camarades de classe trahit dans le cadre familial de Tanglewood House la peur de ne pas réussir à se faire accepter par les filles de Charlotte, cette crainte exacerbée par la cruauté de Honey, d'autant plus qu'elle culpabilise de tomber amoureuse de Shay Fletcher, le petit ami de cette dernière.

    La révélation virulente de cette situation sentimentale délicate la poussera finalement à reconnaître son attirance pour l'adolescent comme le désespoir que dissimulent ses mensonges, et la sympathie sincère de Charlotte et de ses filles la convainc de parvenir à s'intégrer auprès d'elles et à avoir confiance en elle. Ce sera alors au tour de chacune des soeurs Tanberry de faire le point sur leurs propres soucis d'adolescentes - pas si faciles à appréhender et à a corriger - dans les volumes suivants de la série Les Filles au Chocolat.

     Avis personnel : En fait, ce sera dans quelques années, puisque ce roman s'adresse aux pré-adolescents et je suis donc encore un peu jeune... mais ma mère qui l'a évalué me laissera sans problème y accéder. Le thème de la famille recomposée est d'actualité, les situations classiques, les mises en scène sobres et l'écriture simple. Il est facile de s'identifier aux cinq adolescentes et de comprendre leurs impressions, leurs réactions, leurs réflexions, leurs problèmes... sans condescendance sociale, ni psychologie pompeuse.

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  • La Princesse au Bol Enchanté

    Un premier conte japonais à l'honneur dans ma première bibliothèque à moi !

    Depuis que je suis toute petite, mes parents ont à coeur de me mettre des livres dans les mains, Maman surtout qui ne saurait rester trop longtemps sans lire quelques pages, au point même de reprendre pour la énième fois ses ouvrages préférés La Princesse au Bol Enchanté C'est naturellement que j'aime moi-même aujourd'hui feuilleter les revues ou les volumes reliés qui peuvent se trouver à ma disposition, confortant mes parents dans leurs encouragements à élargir mon angle de lecture et les décidant alors, dès mes cinq ans, à se lancer dans l'acquisition de mes premiers ouvrages reliés. Restant dans un esprit éclectique afin de ne pas influencer mes goûts, respectant mes propres choix tout en veillant à ce qu'ils me soient correctement destinés, ma bibliothèque rassemble ainsi pour ses débuts de vieux exemplaires de Martine, d'un ouvrage technique sur l'équitation, d'un autre plus spécifique sur la race équine arabe et d'une paire de petites histoires de Sarah Kay...

    Appréciant beaucoup la culture et les arts japonais, ma mère trouvait qu'il manquait un livre dans ce thème à ma collection, mais ne comptait pas non plus me fournir n'importe quel titre. Elle a par la suite découvert la toute jeune maison d'édition nobi nobi ! qui proposait des ouvrages d'auteurs et d'illustrateurs asiatiques, destinés aux petits comme aux romantiques, prenant soin de délivrer une morale ou racontant simplement une sympathique histoire, dans un format relié mis en valeur par une qualité irréprochable et une politique d'édition centrée sur l'essence particulière des textes comme des illustrations auxquelles Maman aspirait sans jamais les trouver jusqu'alors... La Princesse au Bol Enchanté est la représentation idéale de cette exigence, dans la collection Soleil Flottant de nobi nobi ! consacrée au folklore japonais pour les enfants à partir de six ans.

    La Princesse au Bol Enchanté

    L'histoire de la jeune Haruka sous l'emprise d'un sort qui ne se lèvera qu'en présence d'un amour véritable rappelle celle du classique conte européen Cendrillon des frères Grimm, portée par l'écriture légère et poétique de l'auteure Samantha Bailly, comme par les couleurs chatoyantes et structurées de l'illustratrice taïwanaise Ein Lee dont on peut voir les premières idées esquissées dans les dernières pages du livre. Le fond est joliment romantique sans être vraiment naïf, l'intrigue classique et simple pour les enfants, les références culturelles soignées et les descriptions subtiles de façon à inspirer les plus beaux rêves, sur le souffle discret de la morale finale soutenant l'espoir et la prévention du jugement.

     Avis personnel : L'ouvrage a juste le format qu'il faut pour de jeunes lecteurs et sa couverture mate sans dorure, ni relief souligne humblement la qualité satinée des pages aux couleurs chatoyantes et l'impression des textes parfaite, l'ensemble certifiant ainsi à lui seul la politique cadrée de son éditeur. La Princesse au Bol enchanté est le titre idéal pour une petite fille rêvant de douces princesses tout en appréciant déjà la culture asiatique.

    L'Oiseau à Miel >>


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